La participation au concours Mondoblog ou ma première « tranche de vie ».

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Je ne peux résister au plaisir de vous présenter le texte grâce auquel j’ai pu intégrer la sphère Mondoblog. Ni de vous expliquer comment et pourquoi j’ai été inspiré. Bonne lecture !


“Intriguée, je me suis levée pour regarder par la fenêtre, j’aperçus alors…”

… Cette femme au sol qui, trop épuisée pour porter son bébé, se tenait à genoux penchée sur le couffin pour lui tendre son sein.

On pouvait lire l’inquiétude dans ses yeux cernés jusqu’aux pommettes, ou peut-être n’était-ce que le reflet de l’incertitude : Avait-elle fait le bon choix ? La peur de l’inconnu : Qu’allait-il se passer maintenant ?!

Son visage était creusé, et on devinait à sa bouche pincée que le sourire l’avait quitté depuis bien longtemps.

Une semaine. Sept longues journées.

C’est le temps qu’ils leur avaient fallu pour fuir la misère, la vendetta ou la guerre. Son mari, Elle, et d’autres compatriotes.

Et c’est ce long voyage à l’arrière de la camionnette blanche qui les avait tant fragilisés.

Dépouillés de leur fortune, ils avaient été entassés, malmenés, et traités comme des bêtes par les passeurs. Une chance qu’ils n’aient pas été abandonnés. Ou simplement tués.

Alors, se tenant prêts à exécuter le moindre ordre qu’on leur donnerait, ils croupissaient en silence dans la crasse et le noir.

Seuls les cris de l’enfant, à peine camouflés, trahissaient leur présence.

Si elle arrivait à le faire taire en passant les frontières, peut-être arriveraient-ils un jour à destination…


Petite explication :

Cette histoire est celle de Dorina, 38 ans, née au Kosovo. Je les ai rencontré, elle et son mari, alors que je travaillais à la Croix-Rouge de Châlons-en-Champagne. A son arrivée à l’accueil de jour, le couple était épuisé. Je n’oublierai jamais le visage de Dorina, qui n’en pouvait plus. J’ai été touché par la situation. Elle semblait si forte et si fragile à la fois… Pendant plusieurs jours, ils ont dormi à la rue avec leur petite fille. Finalement, une solution d’hébergement provisoire leur a été trouvé. Ils ont pu déposer une demande d’asile auprès des autorités compétentes. La suite de l’histoire, je ne la connaîtrai jamais car j’ai quitté mon poste peu de temps après.  Le travail social, ou comment apprendre à se faire une raison…

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