J’ai testé pour vous… s’installer du jour au lendemain dans le Cantal

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Du fromage, des vaches et des volcans, voilà tout ce que je savais à propos du Cantal. Pourtant, en mars 2018, 3 mois après mon retour en France, la nouvelle tombe au lendemain d’un entretien d’embauche : je suis engagée à Champagnac (15350). Mon contrat commence dans 4 jours. On va pas se mentir, peu de monde s’imagine débarquer de Reims, la petite parisienne, pour un petit village situé dans l’une des régions des plus désertées de France. Moi, c’était mon rêve. 


 Une région verte-nature

Ce dont j’étais à peu près sûre en venant m’installer en Auvergne, c’était de l’opportunité de découvrir des paysages merveilleux et de faire de la randonnée.

Entre la Corrèze à l’ouest, le Puy de Dôme au Nord et de l’Aveyron au sud, le Cantal est plutôt bien situé. Sans parler de la Loire et de l’Ardèche pas très loin à l’est. Champagnac se trouve dans le nord du Cantal, à la limite de la Corrèze. Parfois les questions de « frontières » ne sont pas très claires, pour vous citer l’exemple du Château de Val. Méfiance donc à ne pas vous tromper lorsque vous vous adressez aux autochtones, parait-il que l’on ne plaisante pas avec ces choses-là !

Il y a tellement de lieux intéressants à découvrir aux alentours de chez moi que j’ai largement de quoi contenter l’impatience de mes jambes sans avoir à aller très loin. Je pense notamment au superbe Jardin Délirant et à la Chapelle de Saignes, devenu mon point d’observation du coucher de soleil de prédilection. Le tout est faisable dans la même journée en vélo grâce à la piste verte qui est quand même une super idée. La seule occasion du Cantal de faire du vélo à plat !

J’ai récemment découvert mon spot de l’été : le lac de Lastioulles. C’est là que je vais passer le plus clair de mon temps libre à m’essayer à ma nouvelle passion : le stand-up paddle. Parce que se retrouver debout sur une planche au milieu d’un lac avec vue sur les volcans d’Auvergne, c’est quand même la grande classe selon moi !

« Wouah Marie tu te rends compte de la chance que t’as d’être là ? C’est tout ce dont t’as toujours rêvé ! »

Ouais, c’est vraiment ça que je me suis dis à ce moment-là.

Le superbe lac de Lastioulles

La voiture, indispensable au quotidien (même pour les plus écolos).

Au niveau du département, le hic c’est que chaque déplacement prend une demi-heure au minimum. Ici, on annonce les distances en temps et non en kilomètres. Pour vous faire une idée, la préfecture -Aurillac-, se trouve à 1h15 de chez moi par beau temps, soit à 70km. Enfin, ça c’était avant la nouvelle limitation de vitesse à 80 km/h qui fait grand débat par ici. J’annonce ici la mort prochaine de mon permis de conduire. RIP, je t’aimais bien.

Les côtés positifs pour moi qui voulais quitter la ville, c’est que la première se trouve à 45 minutes. Parfois je me sens vraiment comme la fille Ingalls se préparant pour sa sortie hebdomadaire à la ville. Carriole en moins. Et ça, j’aime bien.

En parlant de carriole,  justement. Les transports en commun, c’est pas la joie. Un bus le matin pour aller, un bus le soir pour rentrer. Sauf le mercredi. Et les jours fériés. Ni pendant les vacances scolaires. Vous voyez le tableau. Moi personnellement j’ai ma Twings de compét’, ce qui ne pose pas de problèmes sauf en montée. Mais c’est pas sympa pour ceux qui n’en n’ont pas.

Un médecin, qu’est-ce que c’est ?

L’autre petit souci, outre les problèmes de transports collectifs,  c’est quand même la désertification médicale. Je dois donc parcourir les 1h30 qui me sépare de Clermont-Ferrand pour voir un gynéco, parce que ceux qui se trouvent plus près refusent de recevoir de nouveaux patients. Certains m’ont annoncé une liste d’attente de plusieurs mois. Et là je n’avais plus qu’à prier pour que mon vagin soit bien accroché ! Du coup je me suis résolue à devoir prendre au minimum une demi-journée de congés.

La table côté cantaloux

Sinon niveau produits locaux, le Saint Nectaire, le Cantal, et le Salers, sont la base ! Bourrioles (crèpes de sarazin), truffade et aligot (qui vient plus du sud) viennent compléter le menu. Ma consommation hebdomadaire de Cantal Vieux finira bientôt par atteindre mon propre poids, l’hiver s’annonce gras !

Concernant les liquides, la bière locale fait glisser le tout. On trouve aussi du Cola Auvergnat très sympa. Par contre, je me vois dans l’obligation de vous avertir d’une chose : le vin auvergnat m’a beaucoup déçu ! Pas de soleil, pas de tanins. Pas de tanins, pas de bon vin !

Il me reste encore à m’initier à la gentiane, mais je me réserve ça pour un dimanche midi avec les papys consanguins au troquet du coin.

Les fromages d’Auvergne

Cantal rime (presque) avec travail

Parlons de mon nouveau boulot, quand même ! Le job consiste en un poste de chargée d’accompagnement asile, c’est à dire que j’accompagne les migrants dans leur demande d’asile. J’informe les gens, je les conseille et les guide dans les différentes procédures d’asile (ceci fera l’objet d’un autre article).

Le centre, d’une capacité d’accueil de 40 personnes, a été installé dans un ancien château qui auparavant était une sorte de maison de retraite. Je vous passe les histoires politiques au sujet de l’ouverture du centre. Sachez juste que les extrêmes sont dangereux, quel qu’en soit le bord.

Les chambres se trouvent dans les deux étages supérieurs tandis que les salles communes, la cuisine et le salon, sont au rez-de-chaussée. Les bureaux ont été emménagés dans une somptueuse cave voûtée en pierres.

Crédit : http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu
Le Château de Champagnac

L’association qui gère le projet est impliquée dans les défenses des droits des migrants et des demandeurs d’asile. Elle s’investie en outre dans la prise en charge des personnes et dans le plaidoyer. Presque tous les salariés chargés d’accompagnement sont juristes. J’ai suivi une formation très intéressante sur la très-compliquée-procédure-dublin pour me mettre à niveau.

Cette aventure est donc tant formatrice qu’enrichissante car elle me permet aussi d’échanger avec des personnes en provenance de plusieurs pays comme le Soudan, la Somalie, l’Ethiopie, l’Érythrée, la Libye et l’Afghanistan. Rencontrer une telle diversité au fin fond du Cantal, qui l’aurait cru ?!


Me voilà donc installée dans mon petit appartement vite trouvé avec plein de choses à vous raconter. Et de supers endroits à vous faire visiter. Pour conclure je vous dirais seulement : restez connectés car une chose est sûre à présent :

La campagne du Cantal est ouverte sur le monde !


 

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5 commentaires sur “J’ai testé pour vous… s’installer du jour au lendemain dans le Cantal

  1. Je m appelle Mireille ,je vis en cote d or depuis 30 ans mais je suis née dans le Cantal, dans une petite commune qui se nomme Sauvat où vit encore mon papa qui a 86 ans. Ma maman et mes frères qui sont partis trop jeunes sont enterrés dans ce petit village Je reviens très souvent la bas mais aujourd’hui cela ne me suffit plus, j aimerais me réinstaller la bas car mon coeur est resté dans cette région. Je n osé pas sauter le pas car j ai peur de ne pas trouver de travail et un petit logement.Si quelqu un lit mon message je serai contente de communiquer .

    1. Bonjour Mireille,
      Je comprends votre envie de venir vous réinstaller dans le coin. Je suis sur Ydes, je pourrais donc éventuellement vous renseigner. Il y a des appartements en location qui ne sont pas très chers.
      Concernant le travail, tout dépend de votre profession et de votre mobilité mais vous pourriez peut-être trouver des missions d’interim au sein des deux grandes entreprises du centre de Ydes, ainsi qu’à la maroquinerie de Bort les Orgues. Je vous invite à me contacter par e-mail si vous souhaitez des précisions. Bonne continuation. Marie

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